vendredi 1 octobre 2010

Severn, la voix de nos enfants...la France dans le rétro


Dans la série 'notre planète est en danger', voici Severn, la voix de nos enfants de Jean-paul Jaud. Je m'y suis rendu sur l'invitation de Marie Hellouin. Le fil rouge du documentaire est l'intervention déterminée d'une adolescente canadienne lors du Sommet de Rio au début des années 1990, interpellant l'assemblée sur les différents risques environnementaux (la grosse actu étant à l'époque le trou dans la couche d'ozone...qui s'est résorbé depuis) et leur répercussion sur les générations à venir. Et c'est précisémement ce dont souffre ce documentaire qui se déroule en France, au Japon et aux Etats-Unis : quelques approximations. La jeune femme se désespère devant un massif forestier au Canada qui a été coupé. Manque de chance, le Canada replante sans commune mesure par rapport au nombre d'arbres abattus. Autre approximation, la biodiversité. L'injonction 'il faut sauver la biodiversité' devient presque ridicule, dénué de sens, de mise en perspective. Qu'est-ce que la biodiversité ? Toutes les espèces sont-elles utiles ? Christian Lévêque eut été un très bon éclaireur. Quelques pépites néanmoins. Des figures émergent, notamment celle de Nicolas Wisser, maire de Bioussac et agriculteur bio qui a entrainé derrière lui les exploitants d'une centaine de villages des Charente à ne plus utiliser de pesticide. Une partie de son exploitation -suite à la tempête de 1999- s'est reconvertie en exposition à ciel ouvert d'oeuvres architecturales étonnantes et magnifiques. Celle également de Benoit Biteau, agriculteur bio, dont l'exploitation est devenue un modèle du genre (notamment le reboisement des parcelles pour favoriser...la biodiversité). Enfin, les figures d'un père et de ses deux fils, viticulteurs bio en Corse, maîtrisant aussi bien le patois que les chants traditionnels corses.
En résumé, je regrette que ce genre de documentaire joue davantage sur la fibre nostalgique - 'c'était mieux avant', 'nos ancêtres eux respectaient la nature'- agissant presque comme un repoussoir par rapport à la nouveauté, à la différence (quelqu'elle soit), que sur la mise en avant de la nouvelle donne de nos sociétés actuelles, extraordinairement métissées et complexes, qui constituent des atouts pour nous adapter au monde tel qu'il est aujourd'hui, qui n'est plus...celui de nos ancêtres.