mardi 5 octobre 2010

Grâce à Twitter, ses éléves ont obtenu 100% de résussite au bac


Laurence Jouin est enseignante de français et histoire-géographie en lycée professionnel à La Rochelle, elle utilise twitter pour travailler avec ses élèves, autour d'un projet pédagogique. Résultat : 100% de réussite au bac avec une proportion de mentions bien plus importante que d'habitude.

Quels enseignements tirer de cette expérience :
- l'enseignante donne les axes pédagogiques (elle conserve la main sur le contenu),
- elle s'est néanmoins mise à la portée des éléves en cernant leurs habitudes, leurs modes d'échanges, en faisant de twitter un levier pédagogique,
- elle les a responsabilisé en leur demandant plus (d'autant plus facile qu'elle s'est intéressée à eux, à leur particularité) et les a rendu autonome (les échanges sur twitter sont continus),
- elle n'a pas eu besoin de leur demander davantage car ce n'était plus du 'travail' (twitter leur a aussi permis d'échanger sur des thèmes de culture générale : sortie d'une pièce de théâtre, livres à paraître, auteurs à suivre, expositions à ne pas rater...),
- elle n'est plus la détentrice d'un savoir absolu mais se place au coeur d'un réseau qui échange tout seul, qui fonde sa propre dynamique, se donne les moyens par lui-même d'atteindre ses objectifs (le propre de toute société adulte et mature en somme).

C'est un peu pareil pour un projet d'aménagement. Comprendre les habitudes des habitants, le rôle de chacun, qui fait quoi et à quel moment, quelles sont les aspirations profondes (qui le plus souvent ne sont pas exprimées car il n'y a personne pour les entendre). La phase d'écoute est fondamentale pour cerner les modes de vie, les éventuelles tensions, les atouts sur lesquels capitaliser, le mode de transformation idéal pour impliquer les habitants et s'assurer de l'utilisation des équipements. Le rôle de l'architecte est celui d'un chef d'orchestre, à la croisée entre les habitants, les entreprises, les institutionnels. Ce n'est pas l'entreprise de construction ou l'aménageur qui doit être structurant, mais les besoins et les aspirations des habitants. Le quartier de Vauban à Fribourg en Allemagne était constitué d'habitants à la fibre écolo prononcée, qui se sont opposés à l'installation d'une centrale nucléaire et ont ensuite cherché des moyens alternatifs. Résultat : la ville compte aujourd'hui 700 emplois liés à la recherche et au développement de technologies énergétiques alternatives, le quartier est devenu autonome énergétiquement grâce à la centrale solaire, les habitations sont ouvertes sur l'extérieur pour permettre à chacun de jouer, parler facilement avec l'autre. Cette convivialité sociale constitue un terreau pour briser les barrières, les non-dits, les rancoeurs, le repli sur soi etc etc et pour inventer au quotidien un futur commun. la réhabilitation des maisons de deux rues de Boulogne sur mer par Sophie Ricard est dans la même veine. Comprendre, connaître les habitants pour qu'ils deviennent un levier puissant de transformation de leur quartier (la réhabilitation ne se cantonannt pas au maison, dont ils sont au passage co-réalisateurs, des projets nouveaux voyant également le jour).
Et pour casser deux idées reçues par rapport à l'implication des habitants : cela ne coûte pas plus cher (moins parfois du fait de montages financiers orginaux entre habitants et entreprises), ce n'est pas plus long (la phase d'écoute qui au premier abord peut être perçue comme une perte de temps est ensuite largement rattrapée, voire elle permet de finir avant le délai prévu).