jeudi 28 octobre 2010

Berlin débat de l'homo-parentalité, mais pas seulement...

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Reportage berlinois (suite). Vu de France, ce qui va suivre est tout simplement ré-vo-lu-tio-nnai-re et tend à montrer que l'hybridation sociale, culturelle, fait émerger une société avec de nouveaux repères.

L'association Don Bosco est une structure issue de la congrégation religieuse Salésienne (Saint François de Sales). L'association est composée de 700 membres à travers le monde qui accompagne les personnes fragilisées (principalement les handicapés et les orphelins). L'association vient de lancer une campagne de sensibilisation à Berlin ('die kinder brauchen ein zuhause', 'les enfants ont besoin d'un toit), en partenariat avec des associations gays-lesbiennes, des fondations et un afficheur, sur l'adoption des enfants orphelins (La Belgique, les Pays-Bas, l’Espagne, le Royaume-Uni, et l’Allemagne tout dernièrement, ont légalisé l’homoparentalité). Il s'agit au départ d'un simple constat. Chaque quartier de Berlin compte des structures d'accueil d'enfants orphelins. Chaque quartier compte des couples gays et lesbiens, mères célibataires, femmes ou hommes vivants seuls, potentiellement désireux d'adopter des orphelins.

Pour enfoncer le clou, un débat se tenait aujourd'hui à Berlin sur le sujet, composé de :
- Rainer-Maria Fritsch, secrétaire d'Etat à l'intégration,
- Monika Herrmann, conseillère municipale de la ville de Berlin en charge de la jeunesse, de la famille et de l'école,
- Inka-Maria Ihmels, administratrice au sénat pour l'éducation et la recherche
- Michael Korok, gay et modèle de la campagne d'affichage
- Monika Thamm, député de la CDU

Résumons nous, une association composée de salésiens (issue de la congrégation religieuse saint françois de sales) et de personnel médical, vient de lancer une campagne de sensiblisation en partenariat avec des associations gays-lesbiennes, pour sensibiliser les couples homosexuels, mères célibataires et célibataires à l'adoption d'orphelins.
L'Allemagne a pris la pleine mesure de la mutation profonde de la structure de base de la société : la famille. Mais une famille où le modèle du père et de la mère, non divorcé, n'est plus LE modèle (par exemple les familles recomposées représentent 50% des familles en France, l'Allemagne ne doit pas en être très loin). L'originalité de l'initiative provient du fait qu'elle englobe l'ensemble des personnes potentiellement désireuses d'adopter, des groupes habituellement peu mis en avant. C'est la première fois que je vois une campagne d'adoption à destination des mères célibataires et des célibataires hommes et femmes, le groupe des gays-lesbiens apparaissant comme presque habituel et classique. Est-ce à ce point entré dans les moeurs en Allemagne ? On peut le penser...ce qui situe le retard pris par la France.