jeudi 7 octobre 2010

Politique énergétique : y a-t-il un capitaine à bord du vaisseau France ?


J'ai relevé trois informations assez symptomatiques du pilotage à vue de la politique énergétique française, qui a pour conséquence facheuse de contenir au rang de nain les filières énergétiques renouvelables, de déstabiliser les grands opérateurs énergétiques :

- d'une part l'inspection générale des finances qui propose cet été de limiter l'installation de panneaux solaires dans l'Hexagone à 500 mégawatts par an (proposition reprise par le gouvernement). Ce qui amène les industriels français de la filière solaire à s'interroger sur leurs investissements dans l'hexagone (la construction de deux usines de panneaux photovoltaïques à Châtellerault (Poitou-Charentes) et Peyruis (Alpes-de-Haute-Provence)par le français Solairedirect sont en attente de l'aval du gouvernement pour commencer les travaux ; idem chez l'assembleur Fonroche, dans le Lot-et-Garonne. Après avoir installé une deuxième ligne de production en juin, cette société de 160 salariés voulait aller plus loin. « Nous avions imaginé d'augmenter notre capacité de production pour passer de 90 à 130 MWc, mais ce projet a été abandonné », déplore son directeur général, Thierry Carcel.

- d'autre part EDF s'inquiète de la dérive des coûts du projet de stockage profond de déchets nucléaires prévu dans la Meuse et mené par l'agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (l'Andra). Son patron Henri Proglio vient d'alerter le gouvernement. C'est en effet EDF qui financera l'essentiel de ce projet estimé entre 15 et 35 milliards d'euros.

- enfin EDF énergies nouvelles a signé un contrat de vente d'électricité aux Etats-Unis, d'une durée de vingt ans, avec la compagnie Pacific Gas & Electricity. Il porte sur la production d'électricité du futur parc éolien de Shiloh III en Californie.

Les subventions de la filière nucléaire (on peut parler de subvention car au final c'est le contribuable ou le consommateur qui finance) ont deux effets pervers :

- elles empêchent le décollage des énergies renouvelables (limitation à 500 mégawatts de l'ensemble de la filière solaire ; une centrale nucléaire c'est dix fois plus), et par là-même la création d'emplois pérennes au niveau local (les marchés les plus dynamiques se trouvant hors de l'hexagone, la Californie en l'occurence),

- elles captent les financements et détournent indirectement les crédits publics en matière de recherche (la grosse problématique des énergies renouvelables étant leur stockage).