jeudi 15 septembre 2011

Vers la privatisation du monde

Quand une entreprise comme IBM affirme : « Et si les grandes mutations des années à venir de notre monde ne reposaient pas dans les seules mains de nos responsables politiques ? », çela laisse songeur. L’enjeu pour le politique est simple : s’il ne répond pas aux attentes des citoyens…il sera contourné. Les élections se videront de leurs substances.



Quand on croise ceci avec le fait qu’il n’y a qu’une trentaine d’Etats-Nations munies de véritables prérogatives (budget significatif, services publics,…), que les 150 autres jouissent de leviers très limités et interviennent peu voire pas dans l'espace public, et que les 2000 organisations privées les plus riches détiennent davantage de moyens financiers que ces 150 états… cela signifie que tous les aspects de notre vie (transport, éducation, culture/loisirs, énergie, gestion des déchets, sécurité...) sont sur le point de passer entre les mains d'opérateurs privés (ce qui est déjà largement le cas dans de vastes zones du monde ; un peu moins sous nos latitudes tempérées). D'où la montée du discours RSE des entreprises qui sentent bien qu'elles reviennent fortement dans le jeu sociétal (et pas qu'économique). Dès lors, l'instauration de garde-fous est indispensable pour séparer le bon grain de l'ivraie et permettre aux entreprises les plus engagées d'être reconnues. Et à la société civile de se prendre pleinement en main pour ne pas se réveiller un jour...avec la gueule de bois.


Tableau des frères Gao Qiang et Gao Zhen(exposé à 798 art district, Dashanzi, province de Pékin).